Proférations gnostiques

18:13, 05/16,2008

Voici un des textes de mon dernier recueil de poésie libre, "Proférations gnostiques", qui fait suite aux "Proférations cyniques", à écouter également sur le site http://philippe.annaba.free.fr 

La Nature, si belle, si parfaite,

si minutieusement réglée,

aussi admirable que haïssable,

ne connaît ni Bien ni Mal,

même si la vie ne s’y alimente que de la mort.

La première activité du vivant, la prédation,

est inéluctablement liée à la nutrition.

Son aboutissement c’est la pourriture, la défécation.

Et il faut une sacrée dose d'inconscience,

d’endoctrinement et de conditionnement,

pour ignorer que la Terre,

dans une chaîne infernale et sans fin,

grouille d'êtres qui s'entre-dévorent.

À l’intérieur de cet insondable bourbier, 

l’homme n’est doté d’aucun statut privilégié;

la vermine le ronge aussi profondément

que n’importe quel animal,

et sa science est inopérante

contre la mort inéluctable.

L’Intelligence Universelle,

dans sa grande Cohérence,

a imaginé le parasite, le virus et le cancer,

ainsi que leurs rôles

dans l’équilibre des choses.

Quoique nous inventions

pour changer le cours de la Nature,

nous ne serons encore que ses jouets,

que quelques-uns de ses infinis

et microscopiques rouages,

perdus dans l’immensité cosmique

d’une fantastique mécanique,

inconnaissable, inconcevable,

dont on ne peut rien dire,

sans faire preuve de la plus abyssale stupidité,

incapables que nous sommes

de comprendre le Chaos,

de saisir par nos sens limités à dessein,

à la fois l’Un et le Tout,

seulement perceptibles dans l’illumination .

Malgré nos religions, nos idéologies, nos prétentions,

nous ne pouvons nous échapper de ce monde

qui nous semble se foutre du monde.

L’homme prétend aimer la vie mais il refuse

d’admettre la cruauté des lois du vivant.

Un aveuglement programmé

pour la seule survie de ses gènes.

Celui qui a pénétré les mystères de la Gnose,

sait que pour lui, il est déjà trop tard ;

que naître est irréversible,

et que ne pas naître,

est la meilleure destinée possible.

Aucun dogme, aucun système,

aucune science, aucun dieu,

n’est capable de transformer cette galère 

en un paradis pour nos rejetons.

Notre enfer est une réalité

que n’importe qui pourrait décrire

dans les moindres détails

s’il avait des siècles devant lui.

Nos monumentales bibliothèques

ne représentent que le résumé succinct

de la misère humaine,

et de la vanité de l’existence.

Le paradis en revanche,

n’est qu’un mot vide de sens.

Personne ne peut tenter de le décrire

sans paraître puéril.

Certains y voient un bordel divin

habité de top models soumis.

Quelle dérision !

Des rêveurs naïfs ont imaginé

dans leurs cerveaux de messianistes,

embrumés de vapeurs d’absinthe,

un monde sans exploitation de l'homme par l'homme.

C’est comme inventer une vie  

affranchie de ses fonctions organiques.

En voulant réaliser cette utopie,

des sauveurs de l’humanité,

ont généré des calamités

dépassant toutes les tyrannies

de leurs prédécesseurs réunis.

Le monde des hommes ne présente

que des manifestations diaboliques,

en tous lieux et en tous temps.

Si la nature est cruelle,

si elle respire le meurtre,

si elle ne se repaît que de sang,

seul l’homme est capable

de l’immonde et de l’abjecte.

Seul l’homme peut enchaîner son enfant

à un métier à tisser ou le prostituer,

pour soi-disant survivre…

Il vaut mieux mourir de faim

que de mettre au monde l’innocence,

pour l’étouffer dans la souffrance.

Quelle Inexcusable Faute !

La pauvreté, est une circonstance aggravante

et les religions, ces charognards de la misère,

ne sont que les artisans de la mort.

Les humanitaristes ne seront crédibles,

que lorsqu’ils distribueront aux affamés,

autant de préservatifs et de contraceptifs,

que de sacs de riz ! 

     ANNABA

            


 

Proférations gnostiques

18:13, 05/16,2008

Voici un des textes de mon dernier recueil de poésie libre, "Proférations gnostiques", qui fait suite aux "Proférations cyniques", à écouter également sur le site http://philippe.annaba.free.fr 

La Nature, si belle, si parfaite, si minutieusement réglée,aussi admirable que haïssable,ne connaît ni Bien ni Mal,même si la vie ne s’y alimente que de la mort.La première activité du vivant, la prédation, est inéluctablement liée à la nutrition. Son aboutissement c’est la pourriture, la défécation. Et il faut une sacrée dose d'inconscience,d’endoctrinement et de conditionnement,pour ignorer que la Terre, dans une chaîne infernale et sans fin, grouille d'êtres qui s'entre-dévorent.À l’intérieur de cet insondable bourbier, l’homme n’est doté d’aucun statut privilégié; la vermine le ronge aussi profondémentque n’importe quel animal,et sa science est inopérante contre la mort inéluctable.L’Intelligence Universelle,dans sa grande Cohérence, a imaginé le parasite, le virus et le cancer, ainsi que leurs rôles dans l’équilibre des choses. Quoique nous inventionspour changer le cours de la Nature, nous ne serons encore que ses jouets, que quelques-uns de ses infinis et microscopiques rouages, perdus dans l’immensité cosmiqued’une fantastique mécanique, inconnaissable, inconcevable, dont on ne peut rien dire,sans faire preuve de la plus abyssale stupidité,incapables que nous sommesde comprendre le Chaos,de saisir par nos sens limités à dessein,à la fois l’Un et le Tout,seulement perceptibles dans l’illumination .Malgré nos religions, nos idéologies, nos prétentions, nous ne pouvons nous échapper de ce monde qui nous semble se foutre du monde.L’homme prétend aimer la vie mais il refuse d’admettre la cruauté des lois du vivant. Un aveuglement programmé pour la seule survie de ses gènes.Celui qui a pénétré les mystères de la Gnose,sait que pour lui, il est déjà trop tard ; que naître est irréversible,et que ne pas naître, est la meilleure destinée possible.Aucun dogme, aucun système, aucune science, aucun dieu, n’est capable de transformer cette galère  en un paradis pour nos rejetons.Notre enfer est une réalité que n’importe qui pourrait décrire dans les moindres détails s’il avait des siècles devant lui. Nos monumentales bibliothèques ne représentent que le résumé succinct de la misère humaine,et de la vanité de l’existence.Le paradis en revanche n’est qu’un mot vide de sens. Personne ne peut tenter de le décrire sans paraître puéril.Certains y voient un bordel divin habité de top models soumis. Quelle dérision !Des rêveurs naïfs ont imaginé dans leurs cerveaux de messianistes,embrumés de vapeurs d’absinthe, un monde sans exploitation de l'homme par l'homme.C’est comme inventer une vie  affranchie de ses fonctions organiques. En voulant réaliser cette utopie, des sauveurs de l’humanité,ont généré des calamités dépassant toutes les tyranniesde leurs prédécesseurs réunis.Le monde des hommes ne présente que des manifestations diaboliques, en tous lieux et en tous temps.Si la nature est cruelle, si elle respire le meurtre,si elle ne se repaît que de sang, seul l’homme est capable de l’immonde et de l’abjecte.Seul l’homme peut enchaîner son enfant à un métier à tisser ou le prostituer, pour soi-disant survivre… Il vaut mieux mourir de faim que de mettre au monde l’innocence,pour l’étouffer dans la souffrance.Quelle Inexcusable Faute ! La pauvreté, est une circonstance aggravanteet les religions, ces charognards de la misère,ne sont que les artisans de la mort.Les humanitaristes ne seront crédibles,que lorsqu’ils distribueront aux affamés,

autant de préservatifs et de contraceptifs,

que de sacs de riz !

                           ANNABA

            


 

Journal des BENÊTS 2

17:34, 05/13,2008

Des benêts gouvernés par des benêts.

Dans « Le Monde » du 2 mai dernier, quatre anciens ministres de  l’agriculture de droite et de gauche (Pierre Méhaignerie, Henri Nallet, Michel Rocard et Philippe Vasseur), signent un article sur « … la concurrence débridée responsable de la crise de la faim. »

Bien que le mot ne soit jamais employé, il est clair que pour eux, la cause de nos malheurs et surtout des problèmes des pays les plus pauvres, est la Mondialisation… qu’ils ont eux-mêmes défendu lorsqu’ils étaient ministres. Une Mondialisation qui fait en effet que «les prix des transactions s’établissent sur des coûts de production des produits les plus compétitifs […] à ce prix, aucun paysan producteur de cultures vivrières en développement ne peut résister à la concurrence des céréales importées. Il abandonne la production et part grossir la foule des urbains pauvres ». C’est ce qu’expliquaient déjà les professeurs de sciences économiques dans les facultés, il y a trente ans, avant que de nouveaux enseignants, des journalistes, ignorants, hypnotisés par les lobbies américains et leur fameuse « Economie Monde », en fait l’Economie des Financiers, fassent croire aux benêts que la Mondialisation était inéluctable et qu’elle allait apporter le bonheur sur toute la planète. Les benêts se sont en effet réjouis d’acheter des masses de produits de moins en moins cher. Plus ces produits, fabriqués dans des pays où la main d’œuvre était mal payée, sans syndicat, aux conditions de travail innommables, étaient importés avec des droits de douane quasiment inexistants grâce à l’OMC, plus les délocalisations sévissaient en France, plus le chômage augmentait, plus l’Etat s’endettait, et plus nos ministres étaient contents d’eux. Mais ce n’est pas de leur faute : « Les grandes institutions internationales […] ont contribué au cours des années 1980 et 1990, à rendre impossible dans les pays pauvres [le développement agricole] en les mettant à la merci d’un marché inaccessible et déloyal ». Alors pourquoi ces ministres disaient-ils que ces organismes (OMC, FMI etc.) étaient là justement pour maîtriser d’éventuels effets pervers de la Mondialisation ?

« L’avenir alimentaire de l’humanité […] ne peut pas être laissé aux seuls soins du marché, des surplus du Nord et des bonnes opérations des spéculateurs. Il faut qu’il soit l’affaire des paysans du Sud ». Il est bien temps, messieurs les ministres ; pourtant, c’est exactement ce que disaient dès les années 1970 de nombreux spécialistes comme René Dumont, Hans Jonas, Jacques Ellul, Nicholas Georgescu-Roegen, dont vous vous êtes bien moqués du haut de votre prétentieuse fonction ; c’est également ce que Pierre Rabhi ne cesse de crier dans le désert médiatique où ne souffle que le vent des mensonges, en toute impunité.

« Les grands pays producteurs du Nord pourront à leur tour modifier radicalement leurs politiques agricoles dans le sens exigé par l’opinion publique : plus de qualité et moins de pollution consécutive au grand mouvement d’intensification qui a permis à la fois la libération des marchés et la baisse des prix. »

L’« opinion publique », messieurs les ministres, vous ne l’écoutez que quand ça vous arrange et quand vous la créez vous-mêmes. Ce n’est pas elle, mais les lobbies de la chimie internationale qui ont lancé ce « grand mouvement d’intensification », c’est-à-dire, osez l’écrire : remembrements, suppression des petites exploitations et intensification des cultures avec tant et tant d’engrais chimiques et de pesticides, que la France en est le premier utilisateur européen !

Et vous finissez avec une de ces formules hypocrites dont vous avez le secret, qui ne veut rien dire et qui ne vous lave pas de vos erreurs passées : « La présidence française de l’Union sera une occasion de placer l’Europe au premier rang de cette belle bataille pour l’humanité ». Avec cinquante ans de retard, avec des terres qui ne sont même plus arables, tant elles sont gorgées d’engrais et de pesticides qu’on ne peut plus rien en tirer sans y ajouter encore et encore cette bouillie du Diable dont vous avez été les meilleurs VRP.

    Lire le chapitre : Du « principe responsabilité » à la « décroissance », dans mon livre « Bienheureux les enfants de la Mère » aux Editions Les Presses du Midi et sur http://philippe.annaba.free.fr

 

Journal des BENÊTS 2

17:32, 05/13,2008

Des benêts gouvernés par des benêts.

Dans « Le Monde » du 2 mai dernier, quatre anciens ministres de  l’agriculture de droite et de gauche (Pierre Méhaignerie, Henri Nallet, Michel Rocard et Philippe Vasseur), signent un article sur « … la concurrence débridée responsable de la crise de la faim. »

Bien que le mot ne soit jamais employé, il est clair que pour eux, la cause de nos malheurs et surtout des problèmes des pays les plus pauvres, est la Mondialisation… qu’ils ont eux-mêmes défendu lorsqu’ils étaient ministres. Une Mondialisation qui fait en effet que «les prix des transactions s’établissent sur des coûts de production des produits les plus compétitifs […] à ce prix, aucun paysan producteur de cultures vivrières en développement ne peut résister à la concurrence des céréales importées. Il abandonne la production et part grossir la foule des urbains pauvres ». C’est ce qu’expliquaient déjà les professeurs de sciences économiques dans les facultés, il y a trente ans, avant que de nouveaux enseignants, des journalistes, ignorants, hypnotisés par les lobbies américains et leur fameuse « Economie Monde », en fait l’Economie des Financiers, fassent croire aux benêts que la Mondialisation était inéluctable et qu’elle allait apporter le bonheur sur toute la planète. Les benêts se sont en effet réjouis d’acheter des masses de produits de moins en moins cher. Plus ces produits, fabriqués dans des pays où la main d’œuvre était mal payée, sans syndicat, aux conditions de travail innommables, étaient importés avec des droits de douane quasiment inexistants grâce à l’OMC, plus les délocalisations sévissaient en France, plus le chômage augmentait, plus l’Etat s’endettait, et plus nos ministres étaient contents d’eux. Mais ce n’est pas de leur faute : « Les grandes institutions internationales […] ont contribué au cours des années 1980 et 1990, à rendre impossible dans les pays pauvres [le développement agricole] en les mettant à la merci d’un marché inaccessible et déloyal ». Alors pourquoi ces ministres disaient-ils que ces organismes (OMC, FMI etc.) étaient là justement pour maîtriser d’éventuels effets pervers de la Mondialisation ?

« L’avenir alimentaire de l’humanité […] ne peut pas être laissé aux seuls soins du marché, des surplus du Nord et des bonnes opérations des spéculateurs. Il faut qu’il soit l’affaire des paysans du Sud ». Il est bien temps, messieurs les ministres ; pourtant, c’est exactement ce que disaient dès les années 1970 de nombreux spécialistes comme René Dumont, Hans Jonas, Jacques Ellul, Nicholas Georgescu-Roegen, dont vous vous êtes bien moqués du haut de votre prétentieuse fonction ; c’est également ce que Pierre Rabhi ne cesse de crier dans le désert médiatique où ne souffle que le vent des mensonges, en toute impunité.

« Les grands pays producteurs du Nord pourront à leur tour modifier radicalement leurs politiques agricoles dans le sens exigé par l’opinion publique : plus de qualité et moins de pollution consécutive au grand mouvement d’intensification qui a permis à la fois la libération des marchés et la baisse des prix. »

L’« opinion publique », messieurs les ministres, vous ne l’écoutez que quand ça vous arrange et quand vous la créez vous-mêmes. Ce n’est pas elle, mais les lobbies de la chimie internationale qui ont lancé ce « grand mouvement d’intensification », c’est-à-dire, osez l’écrire : remembrements, suppression des petites exploitations et intensification des cultures avec tant et tant d’engrais chimiques et de pesticides, que la France en est le premier utilisateur européen !

Et vous finissez avec une de ces formules hypocrites dont vous avez le secret, qui ne veut rien dire et qui ne vous lave pas de vos erreurs passées : « La présidence française de l’Union sera une occasion de placer l’Europe au premier rang de cette belle bataille pour l’humanité ». Avec cinquante ans de retard, avec des terres qui ne sont même plus arables, tant elles sont gorgées d’engrais et de pesticides qu’on ne peut plus rien en tirer sans y ajouter encore et encore cette bouillie du Diable dont vous avez été les meilleurs VRP.

    Lire le chapitre : Du « principe responsabilité » à la « décroissance », dans mon livre « Bienheureux les enfants de la Mère » aux Editions Les Presses du Midi et sur http://philippe.annaba.free.fr

 

Journal des BENÊTS

20:07, 05/10,2008
Depuis plus de dix ans, chaque jour dans le journal, une page sur les délocalisations. Selon « Aujourd’hui en France du 29/04/2008, la direction de Peugeot Motocycle, dernier fabricant français de scooters installé à Mandeure dans le Doubs et à Dannemarie (Haut-Rhin), a proposé à ses salariés de renoncer aux « 35 heures » contre la non fermeture des usines. Depuis le temps que les délocalisations transforment le pays en désert industriel, les benêts, si prompt à descendre dans la rue pour défendre des clandestins ou des délinquants, n’ont jamais eu l’idée de manifester en masse pour forcer les gouvernements à instaurer une taxe sur ces produits délocalisés. Les politiques, valets des multinationales endorment les benêts avec des discours sur les contraintes de la mondialisation alors que c’est eux-mêmes qui ont ouvert toutes les portes. Seul le système économique absurde de l’ultralibéralisme est responsable de la déstructuration des économies européennes et aucune fatalité économique. Les benêts de droite comme de gauche, acceptent les diktats de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). « Et qu’est-ce que l’OMC ? Un organisme dont le but est de faciliter le libre-échange dans le monde par la suppression de tous les obstacles possibles. C’est l’instrument de l’ultralibéralisme au plan planétaire. Un organisme manipulé par les lobbies financiers et les multinationales, c’est-à-dire par des gens très puissants, qui ne sont ni choisis ni élus par les populations qui subissent leurs dictats. » (Bienheureux les enfants de la Mère, page 250). Pendant ce temps là on demande aux benêts de verser leur obole encore et encore pour venir au secours de ceux qui ont faim (journal du 26 avril où la Croix-Rouge Française avoue ne plus y arriver, tellement il y a de nécessiteux !).  Les journalistes benêts en 2007 faisaient des reportages et des magasines encensant les biocarburants et le Brésil qui montrait l’exemple. Aujourd’hui la presse met un bémol à cette activité qui pose plus de problèmes qu’elle n’en résout, comme le précisaient depuis longtemps « Le Monde Diplomatique », « La Décroissance » et votre serviteur dans « Bienheureux les enfants de la Mère », page 256.  Dans Thalassa du 9 mai, un bon reportage sur les élevages de saumons sur les côtes de la Patagonie, les dégâts irréparables pour l’environnement et les dangers pour notre santé. Mais les benêts suivent plutôt les feuilletons américains, et même parmi les téléspectateurs qui l’ont regardé, combien sont prêts à boycotter les poissons d’élevage :  « pour faire un kilo de poisson, il faut quatre kilos de farine… de poisson, ainsi que du soja en provenance du Brésil, d’où transport,  consommation de pétrole et pollution. » (Bienheureux les enfants de la Mère, page 261).Et que surtout les benêts ne me disent pas : comment va-t-on alors nourrir la planète ? Parce que là il y a bien des supers tabous à démolir. On y reviendra, mais ce n’est pas la planète à s’adapter à l’homme, mais le contraire, bandes de benêts ! Journal du 26 avril : Le prince Albert II (en présence de Sarkozy), promet de poursuivre les aides et engagements liés à la lutte contre le réchauffement climatiques. A la télévision les journalistes benêts encensent le Prince Albert de Monaco pour son combat pour le développement durable, mais le lendemain il s’extasient avec les téléspectateurs aussi benêts qu’eux, sur le Grand prix de Formule 1 de Monaco. Les benêts diront « Je ne savais pas ». Le reportage intitulé « Le monde selon Monsanto » diffusé sur Arte le 11 mars 2008, a été regardé par 1,4 million de téléspectateurs contre 8 millions pour « Les experts de Miami », feuilleton américain, et 4 millions pour « Pékin Express » sur la Six. Les benêts sont responsables de ce qu’ils regardent, et leurs enfants les haïront de ne pas avoir été assez vigilants. 

Si vous en voulez encore, si vous ne voulez pas crever benêts, écoutez les « Proférations cyniques et gnostiques » sur le site http://philippe.annaba.free.fr


 

Le dollar et la guerre en Iran

16:35, 05/02,2008

Après la guerre à l’Irak, la guerre à l’Iran ?

Suite de l’extrait de Marianne 2 (site du magazine)

La France, caniche des puissants ou voix des opprimés?

Par Edouard Husson, historien, qui considère la France à une fourche de son histoire. Soit elle saura s'émanciper de la suprématie américaine et proposer un nouvel ordre mondial, soit elle perdra ses idéaux et son libre-arbitre à suivre sans courage les USA.

Il se peut que l'Iran ait franchi, mardi 29 avril 2008, le point de non-retour du point de vue américain. Un haut fonctionnaire du Ministère iranien du Pétrole a annoncé que désormais son pays ne facturerait plus aucune transaction pétrolière en dollars, uniquement en euros ou en yens . L'Irak a été détruit pour avoir fait une annonce du même type en 2000. La question de la défense d'Israël ou celle des armes de destruction massive pèsent peu, aux yeux des Américains, à côté de la seule garantie matérielle subsistante d'un dollar toujours plus dévalué. L'Iran est le deuxième pays producteur de l'OPEP et les Américains, en pleine crise financière, se sentiront particulièrement menacés par un adversaire qui sait où sont leurs points vulnérables. Il n'est pas étonnant qu'on recommence à parler d'une attaque américaine contre l'Iran à l'été.

Si les Américains déclenchaient un conflit contre l'Iran, on basculerait définitivement dans un autre monde, vingt ans après la chute du Mur de Berlin. La communauté des nations se polariserait définitivement entre ceux qui accompagneraient les Etats-Unis dans une folle tentative de maintenir leur mainmise impériale et ceux qui se coaliseraient pour faire émerger un nouvel équilibre mondial. De quel côté la France se situerait-elle? Si l'on en croit l'attitude du président Sarkozy depuis son arrivée au pouvoir, la France choisirait les Etats-Unis, au risque de perdre la confiance de tous ceux qui attendent qu'elle élève la voix pour tracer les contours d'un ordre international fondé sur la justice et la paix - ce que Jaurès et de Gaulle ont su faire, chacun à leur époque.

La France sera-t-elle réduite à l'insignifiance?

Espérons que le pire sera évité dans les mois qui nous séparent de l'élection américaine; que George W. Bush ne choisira pas la fuite en avant, à la fois pour sortir de la crise monétaire et financière très grave dans laquelle se trouve son pays, pour rester dans l'histoire comme un «nouveau Churchill» et pour influencer le vote de ses compatriotes. Cependant, même en l'absence d'une nouvelle guerre, la France se trouve à la croisée des chemins. Continuera-t-elle à défendre le désordre international entretenu par l'Amérique impériale ou choisira-t-elle, conformément au meilleur de son histoire, de servir la paix, la liberté et la justice? La France choisira-t-elle d'entendre la voix des peuples, comme les démocraties latino-américaines, qui ont beaucoup moins d'atouts politiques, militaires, économiques qu'elle et qui pourtant osent défier pacifiquement le grand frère au Nord du continent? La France saisira-t-elle l'aspiration universelle à la paix qu'exprime par exemple le souhait de la Corée du Sud de mettre en oeuvre une détente (et peut-être une réunification) avec la Corée du Nord, rêve régulièrement anéanti par les menaces américaines envers Pyongyang? La France négligera-t-elle d'entretenir l'espoir qu'avait suscité sa courageuse prise de position sur le conflit irakien au début de l'année 2003? Si tel était le cas, notre pays se réduirait à l'insignifiance - ce qu'exprime déjà la signature du traité de Lisbonne ou la rentrée dans le commandement intégré de l'OTAN.

Mission: proposer un autre ordre mondial
Des aspirations multiples s'expriment dans le monde, qui témoignent de ce que, vingt ans après la fin de la guerre froide, le monde voudrait enfin recueillir les «dividendes de la paix» dont les prive le «nouvel ordre international» proclamé par George Bush père et accompli par le fils. Cependant, des phénomènes comme le néomarxisme altermondialiste, l'émotionalité du débat qui entoure la répression au Tibet, l'impuissance face aux massacres du Darfour ou le fondamentalisme islamique montrent bien les impasses dans lesquelles la puissance impériale peut espérer adroitement enfermer ses adversaires. Ce serait à un pays comme la France, situé au coeur du monde occidental, de proposer les contours d'une nouvelle communauté internationale au sein de laquelle on ait tiré les conclusions des erreurs passées:
1. Il ne peut pas avoir d'autre économie que celle respectant les lois du marché et la liberté du commerce international. La France doit plaider pour un libéralisme authentique et ses esprits les plus lucides cesser d'appeler "néo-libéralisme" ce qui est un impérialisme anarcho-capitaliste. Non, les Etats-Unis ne pratiquent pas le libéralisme; ils pratiquent un keynésianisme militaire au service d'une minorité de puissants qui espère profiter de la destruction de toutes les frontières pour faire main basse sur les richesses de la planète. Pour contrer cette politique, qui est le contraire du libéralisme, l y a urgence à refonder le système monétaire international sur un étalon impartial. Le dollar, l'euro, le yen doivent être émis en référence à une valeur intangible dans un système de changes fixes. D'autre part, il ne peut y avoir liberté du commerce qu'entre pays de développement équivalent. Le prochain gouvernement français devra avoir le courage d'affronter les multinationales en établissant, au besoin sans les partenaires européens, des taxes sur les produits importés des pays à très bas salaire. Enfin la France devrait plaider pour le droit des pays souverains à exploiter eux-mêmes les ressources de leur sous-sol. C'est la condition d'un développement équilibré et la base d'un libéralisme authentique. La France devra montrer l'exemple en l'occurrence: signer des accords pétroliers équitables; inclure la question de l'accès aux matières premières dans tout plan de paix pour le Darfour etc...
2. Il faut étendre le principe de la charte de Paris (processus d'Helsinki), qui a rendu possible la fin de la guerre froide en Europe, à l'ensemble des relations internationales. C'est-à-dire que les frontières actuelles des Etats doivent être déclarées inviolables; elles ne peuvent être modifiées qu'au terme d'un processus démocratique; encore faut-il tenir compte d'échecs dramatiques comme l'éclatement de la Yougoslavie: on doit tendre à la fois à l'intangibilité absolue des frontières et au renforcement de la démocratie en leur sein; les droits de l'individu doivent définitivement être préférés à ceux des minorités. Pour le succès d'une telle politique, il faut à la fois obtenir des dictateurs qu'ils s'engagent (comme les dirigeants soviétiques en 1975) à respecter les droits de l'homme et que l'Occident renonce au «droit d'ingérence», qui a doublement échoué - l'expérience montre que l'ingérence aggrave la situation des pays concernés et elle n'est exercée que dans les petits pays, tandis que l'on tolère les exactions des puissances contre leurs minorités, renforçant le sentiment, universel, que l'Occident pratique un double langage.
3. La France, puissance nucléaire, est crédible si elle encourage au désarmement. Elle peut montrer l'exemple. Elle sera crédible si elle demande à Israël de jouer cartes sur tables et de révéler publiquement qu'il possède l'arme atomique, forçant ainsi l'Iran à dévoiler son propre jeu. D'une manière générale, la France peut, aidée de la Chine avec qui elle partage la rationalité dans le développement de l'arme atomique (dissuasion du faible au fort, refus de l'empilement des armes au-delà de ce qui est nécessaire pour garantir l'invulnérabilité du pays) et d'une Russie qui s'est ruinée dans la course aux armements des années 1960-1985, aider à mettre fin à la prolifération nucléaire, qui est largement le produit de la peur inspirée par les Etats-Unis (et de leur nouvelle doctrine de l'emploi éventuel d'armes nucléaires tactiques).
4. La France doit combattre pour le multilinguisme, en particulier dans les organisations internationales. J'ai fait l'expérience, récemment, d'une conférence internationale en Corée du Sud, où nos hôtes saisissaient la moindre occasion de parler une autre langue que l'anglais: l'allemand ou le russe en particulier. Pour notre pays, il ne s'agit pas seulement de défendre la langue française. Il faut défendre d'autres langues que l'anglais dans les relations internationales. La France jouerait sans doute un coup gagnant dans l'Union européenne et dans le monde si elle encourageait à l'utilisation de l'espagnol - une langue européenne, qui a tant contribué à la culture occidentale, qui est celle d'un sous-continent, et qui est de plus en plus parlée aux Etats-Unis - à côté de l'anglais dans les relations internationales.

Combattre pour la justice
La diffusion de la démocratie, l'économie de marché, la liberté du commerce, ne peuvent s'établir que dans la paix. Le continent latino-américain ravagé par les guerillas, l'Afrique victime de toutes les convoitises des puissances, l'Asie ravagée par les impérialismes et les dictatures totalitaires au XXè siècle, le Proche-Orient compliqué, l'Europe marquée dans sa chair par deux guerres mondiales n'aspirent qu'à une chose: la pacification des relations internationales et le développement économique dans la diversité culturelle. La France, puissance moyenne, qui ne sera (plus) jamais gagnante dans la surenchère impériale, n'a qu'une seule carte à jouer: refuser d'être plus longtemps le caniche des puissants, se faire la voix des opprimés - non pour les encourager à des révoltes stériles mais pour l'avènement d'un nouveau concert des nations. «La France n'est écoutée et puissante que lorsqu'elle combat pour la justice» aimait à dire Jaurès. Edouard Husson

Vendredi 02 Mai 2008 - 07:59

 

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