Proférations gnostiques

Published on 05/16,2008

Voici un des textes de mon dernier recueil de poésie libre, "Proférations gnostiques", qui fait suite aux "Proférations cyniques", à écouter également sur le site http://philippe.annaba.free.fr 

La Nature, si belle, si parfaite, si minutieusement réglée,aussi admirable que haïssable,ne connaît ni Bien ni Mal,même si la vie ne s’y alimente que de la mort.La première activité du vivant, la prédation, est inéluctablement liée à la nutrition. Son aboutissement c’est la pourriture, la défécation. Et il faut une sacrée dose d'inconscience,d’endoctrinement et de conditionnement,pour ignorer que la Terre, dans une chaîne infernale et sans fin, grouille d'êtres qui s'entre-dévorent.À l’intérieur de cet insondable bourbier, l’homme n’est doté d’aucun statut privilégié; la vermine le ronge aussi profondémentque n’importe quel animal,et sa science est inopérante contre la mort inéluctable.L’Intelligence Universelle,dans sa grande Cohérence, a imaginé le parasite, le virus et le cancer, ainsi que leurs rôles dans l’équilibre des choses. Quoique nous inventionspour changer le cours de la Nature, nous ne serons encore que ses jouets, que quelques-uns de ses infinis et microscopiques rouages, perdus dans l’immensité cosmiqued’une fantastique mécanique, inconnaissable, inconcevable, dont on ne peut rien dire,sans faire preuve de la plus abyssale stupidité,incapables que nous sommesde comprendre le Chaos,de saisir par nos sens limités à dessein,à la fois l’Un et le Tout,seulement perceptibles dans l’illumination .Malgré nos religions, nos idéologies, nos prétentions, nous ne pouvons nous échapper de ce monde qui nous semble se foutre du monde.L’homme prétend aimer la vie mais il refuse d’admettre la cruauté des lois du vivant. Un aveuglement programmé pour la seule survie de ses gènes.Celui qui a pénétré les mystères de la Gnose,sait que pour lui, il est déjà trop tard ; que naître est irréversible,et que ne pas naître, est la meilleure destinée possible.Aucun dogme, aucun système, aucune science, aucun dieu, n’est capable de transformer cette galère  en un paradis pour nos rejetons.Notre enfer est une réalité que n’importe qui pourrait décrire dans les moindres détails s’il avait des siècles devant lui. Nos monumentales bibliothèques ne représentent que le résumé succinct de la misère humaine,et de la vanité de l’existence.Le paradis en revanche n’est qu’un mot vide de sens. Personne ne peut tenter de le décrire sans paraître puéril.Certains y voient un bordel divin habité de top models soumis. Quelle dérision !Des rêveurs naïfs ont imaginé dans leurs cerveaux de messianistes,embrumés de vapeurs d’absinthe, un monde sans exploitation de l'homme par l'homme.C’est comme inventer une vie  affranchie de ses fonctions organiques. En voulant réaliser cette utopie, des sauveurs de l’humanité,ont généré des calamités dépassant toutes les tyranniesde leurs prédécesseurs réunis.Le monde des hommes ne présente que des manifestations diaboliques, en tous lieux et en tous temps.Si la nature est cruelle, si elle respire le meurtre,si elle ne se repaît que de sang, seul l’homme est capable de l’immonde et de l’abjecte.Seul l’homme peut enchaîner son enfant à un métier à tisser ou le prostituer, pour soi-disant survivre… Il vaut mieux mourir de faim que de mettre au monde l’innocence,pour l’étouffer dans la souffrance.Quelle Inexcusable Faute ! La pauvreté, est une circonstance aggravanteet les religions, ces charognards de la misère,ne sont que les artisans de la mort.Les humanitaristes ne seront crédibles,que lorsqu’ils distribueront aux affamés,

autant de préservatifs et de contraceptifs,

que de sacs de riz !

                           ANNABA

            


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